20/08/2012
Le secret des berges du Lez, oasis sauvage de verdure
« Bien sûr il y a la Seine et le bois de Vincennes… » et les berges du Lez aurait pu chanter Barbara en lieu et place de Gottingen.
Car si le versant montpelliérain aménagé est déjà un lieu de rendez-vous incontournable pour les promeneurs de l’Agglo, la partie castelnauvienne reste moins connue. Un brin sauvage, nature, ces berges capricieuses ne se donnent pas comme ça aux vertes pérégrinations, elles doivent être conquises.
Curiosité : une qualité requise pour découvrir, une canne à pêche en main ou muni d’un bâton de randonnée, ce formidable oasis de verdure encore préservé. Peu à peu, au fil des acquisitions par la municipalité de parcelles privées en bordure du fleuve, l’espace de berges aménagées croît.
L’histoire du biotope du Lez remonte à l’époque de l’enfilade des moulins sur ses rives, plus particulièrement sur la partie castelnauvienne du fleuve, favorable à l’installation de moulins à moudre. Pendant de longues années, suppléant à l’élevage, aux ressources agricoles et viticoles, les moulins ont donné du travail aux habitants, servant en premier lieu à la moulure du grain pour la production de la farine nécessaire au pain quotidien.
Au cours des siècles se sont ajoutés des moulins à presser, à fouler, à laver. Au XIe siècle les moulins drapiers ont fait leur apparition, moulins à foulons pour battre les tissus et les rendre plus ferme. Des premiers draps, on est passé à la toile de chanvre, puis à la toile de coton (une importante manufacture voit ainsi le jour au moulin de la Valette, un peu en amont de Castelnau), puis enfin à la laine, la laine brute tombée du dos des moutons.
Cette laine brute était importée d’Espagne, d’Afrique du Nord, d’Amérique du Sud, de Smyrne, de Constantinople. Le Lez à cette époque était navigable du moins jusqu’à Sextantio. Lavées dans les eaux du Lez, ces laines vierges laissaient échapper diverses graines transportées au fil de l’eau, qui naissent et croissent sur les rives créant une flore exotique inattendue.
Dans son livre « une rivière nommée Lez », Liliane Franck rappelle qu’au début du XIIe siècle, le directeur du jardin botanique de Montpellier qui avait fait partie d’une expédition en Egypte, reconnaît et repique aussitôt dans son jardin plusieurs plantes propres aux terres égyptiennes et qu’il avait remarqué aux environs d’Alexandrie. En 1854, 387 espèces de végétaux représentant les quatre parties du monde ont été ainsi dénombrées.
C’est peut-être encore aujourd’hui le secret de cette biodiversité sur les berges du Lez dont s’émerveillent les botanistes. A découvrir et surtout… à protéger !
Photo : le Lez s'enfonce dans un océan de verdure
18:22 Publié dans Le Lez | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |
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Commentaires
Bonsoir , je ne peux m'empêcher de commenter ; j'avais 13 ans et j'avais appris à nager dans l'Orb à Béziers dès mon plus jeune âge ; L'Orb c'était presque mon berceau ; mais les aléas de la vie m'avaient exilée à Montpellier dans un foyer ; un été l une responsable nous amènent au Lez ; et à pied svp ,de ce qui s'appelait le chemin de la Justice ; je garderai toujours gravé dans ma mémoire cet instant délicieux ou j'ai retrouvé le gout et l'odeur d'une rivière; celle du Lez n'était pas celle d l'Orb car les souvenirs ont tendance à transformer les images et les odeurs ; ah revenir à ce temps de rires et de plongeons ! Votre LEZ est il resté aussi limpide ? Notre Orb à Béziers est trés polluée et délaissée par les pouvoirs publics . Pardon pour ce post un peu long
Écrit par : andrieu | 20/08/2012
Merci pour votre commentaire. Je vous rassure, les eaux du Lez sont toujours aussi limpides et les berges du fleuve régulièrement nettoyées. Seul inconvénient, les pompages réalisés à sa source pour alimenter en eau potable la ville de Montpellier sont d'années en années plus importants et l'étiage du fleuve est heureusement maintenu avec un apport de l'eau du Rhône.
Écrit par : Georges THURON | 21/08/2012
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